À la rencontre de ceux qui se présentent, pas de ce qu’ils représentent.

Jean-Marc Depuydt, la force tranquille ?

Jean-Marc Depuydt est un grand monsieur à lunettes (oui, il fait 1,85 m). La première fois que je l’ai vu je le trouvais distant et à vrai dire… un peu… « coincé ». Maintenant que je le connais un peu mieux, enfin je crois le connaître un peu mieux, je vous dirais que je le trouve discret, bosseur, sérieux et réservé. Mais plus j’y réfléchis, plus je me dis que sa réserve n’a sans doute rien à voir avec de la timidité mais avec son besoin de faire passer l’autre avant lui. Information que je dois vérifier aujourd’hui car comme je le dis souvent « mon avis on s’en fout, cherchons plutôt à nous rapprocher de la vérité ! ».

Bref, Trois ans que l’on se croise lui et moi et je ne lui connais aucun excès de « moi, je », jamais de mot plus haut que l’autre non plus. La seule certitude que j’ai à son sujet c’est qu’il est terriblement amoureux et animé par son cher et tendre Domaine de Chavat ; et c’est donc sans surprise que j’ai appris qu’il a choisi ce même lieu pour notre rendez-vous d’aujourd’hui.

UN RENDEZ-VOUS AU SOLEIL, EN PLEIN APRÈS-MIDI AU PARC CHAVAT

– Bon Jean-Marc, je ne suis pas vraiment étonnée d’être ici mais peux-tu expliquer à mes lecteurs pourquoi nous sommes là s’il te plaît ? « Déjà parce qu’il fait beau et qu’il aurait été dommage de s’enfermer quelque part. Puis parce que le parc Chavat c’est là où tout a commencer pour moi. C’est un lieu chargé d’histoire. C’est le premier lieu que nous avons visité avec mon épouse quand nous nous sommes installés sur la commune en 2003. C’est aussi cet endroit qui a constitué ma première mission en tant qu’élu et… bien avant même avec l’association du patrimoine de Podensac en 2004 ». Parce que ce que tout le monde ne sait pas c’est que Jean-Marc vient d’une famille issue de l’hôtellerie-restauration et qu’il a naturellement fait des études dans ce secteur pour succéder un jour à son père… Mais son truc à lui, personnel, de cœur… c’était l’Histoire de l’Art. Il a donc attendu de venir en Sud Gironde pour commencer son cursus universitaire en ce sens en acceptant en parallèle des missions de prospection archéologique et c’est comme ça qu’en 2005 le Maire actuel Bernard Mateille l’a remarqué la première fois avant de lui confier quelques années plus tard de participer au monde politique local qu’il a rejoint officiellement en tant qu’élu de la majorité en 2008.

UN HOMME QUI TRAVAILLE AUJOURD’HUI EN COULISSE MAIS PRÊT ET DÉTERMINÉ À MONTER SUR LA SCÈNE EN 2026

C’est parti pour les questions personnelles et aléatoires et on commence fort avec la question actualité et Dieu sait (et désespère sans doute s’il existe) qu’il y en a des choses à dire :

– Que penses-tu des gouvernements successifs d’Emmanuel Macron ? « Pathétique ! » Pour lui au niveau national, « les gens n’y croient plus et ne s’y retrouvent plus. Ça manque de simplicité. Les partis sont complètement éclatés… On peut avoir des sensibilités, des bonnes idées, peu importe le parti politique. Les étiquettes politiques cataloguent les candidats, certains encartés ont trop d’ego… Ça ne marche pas, les gens ont envie d’autre chose, qu’on les écoute et qu’on travaille vraiment pour eux ».

– La question santé : Tu trouves que les femmes sont aussi bien soignées que les hommes en France ? « J’ai entendu parler des études qui montrent ces chiffres et j’ai été étonné car non ce n’est pas normal, ni logique, qu’il y ait une différence de prise en charge entre les personnes : femme, homme, enfant… seule la gravité doit être un critère dans la prise en charge des patients, pas le sexe, l’âge… ».

La question fraternité : Si je te dis racisme, tu me réponds ? « Intolérance »

La question parentalité : En tant que père, quelles sont tes plus grandes inquiétudes ? « Je n’en ai pas de particulière, je n’ai pas de peur viscérale que certains peuvent décrire mais j’ai sans doute toutes les inquiétudes qu’ont beaucoup de parents quand leurs enfants grandissent et prennent leur indépendance… Comme on ne les voit plus tous les jours, on a parfois besoin de savoir s’ils vont bien, sont bien rentrés chez eux le soir après une soirée… »

La question égalité : L’allaitement dans l’espace public tu en penses quoi ? « Je pense que la maternité est naturelle et qu’elle n’a pas à gêner. »

« MAIS AU BOUT DU CH’MIN, DIS-MOI C’QUI VA RESTER DE NOTRE P’TIT PASSAGE DANS CE MONDE EFFRÉNÉ »

Les questions culture : Ado, c’était quoi ta série préférée ? « Mac Gyver » ça c’est pour le côté « faire beaucoup avec peu », mais Jean-Marc l’historien avoue aimer les séries d’époque comme Hercule Poirot ou Downton Abbey « qui sait mettre en avant la vie et le rôle essentiel et indispensable des domestiques. Ceux qui se trouvent en coulisse, tous les métiers et tous les talents. »

Quelle chanson te ressemble le plus ? J’hésite entre « Les étoiles filantes » des cow-boys Fringants ou « Pas les mots » d’Yves Jamait. J’aime les artistes engagés mais j’écoute aussi un peu du tout : du jazz, Muse, Imagine Dragon.

Tu préfères lire ou écrire ? Je n’ai pas le temps d’écrire en ce moment mais je lis. Je lis d’ailleurs actuellement un livre un peu romancé de la vie de Nikola Tesla. Lire me coupe du quotidien.

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Tu joues aux jeux vidéo ? Oui, j’ai joué à tous les Assassin’s Creed… Mais je prends de moins en moins le temps de jouer, adulte, on a l’impression que c’est du temps de perdu… on culpabilise quand on joues adulte, c’est dommage.

La question gastronomie : Tu as des ami.e.s à dîner ce soir, tu leur prépares quoi ? « Comme j’ai travaillé dans la restauration, mes invités s’attendent souvent à déguster un plat élaboré, ce que j’ai fait pendant longtemps… Alors que, maintenant, je préfère préparer un bon plat réconfortant, simple, familial… et pour ça je choisis la cuisine italienne comme des pâtes à l’arrabiata accompagné bien évidemment de son Tiramisu et d’un petit vin rouge et d’une eau pétillante. »

Bon là, je dois avouer que Jean-Marc se la joue humble sur le sujet ; le gars a quand même participé dans sa jeunesse à des concours de pâtisserie et de sommellerie… Mais il dit que ça, « c’était une autre vie ! »… Mouais.

La question taboue : As-tu déjà été en état d’ébriété ? Je veux dire vraiment ivre, saoul ? Non, Jean-Marc n’aime pas perdre le contrôle. Toutefois, il me confie avoir arrêté de fumer à la naissance de ses enfants. 23 ans de sobriété nicotinique, ce n’est pas rien !

La question rurale : Tu chasses ? Non.

La question de Chat GPT : C’est quoi pour toi être courageux ?

« Déjà je remercie Chat GPT pour sa question (rires). Être courageux c’est savoir assumer ses positions et reconnaître ses torts. Ne pas être dans le déni. Rebondir sur ses échecs mais en faire une force. La force de l’engagement. Après si tu me demandes de citer une personne qui représente le courage à mes yeux, ce serait mon fils. Il vit au Québec et est parti seul, a tout préparé seul… Il s’est vite investi dans son école, dans sa nouvelle vie… »

BONUS « La vie (L’avis) d’Eugénie » : En plus de mes activités, je suis aussi autoentrepreneuse. J’anime des formations pour des adultes de niveau bac à bac + 5. Je suis titulaire d’un master et j’ai plus de 20 ans d’expérience professionnelle au compteur. En août j’ai animé 4 heures de formation à 40 euros de l’heure. 160 euros donc la demi-journée de face-à-face. C’est très bien payé dans l’absolu mais l’URSSAF m’a pris 25 %, les impôts sur le revenu environ 4 %. Pour me rendre sur Bordeaux j’ai pris le TER et le tram, cela m’a coûté 18 euros. J’ai dû manger en dehors de chez moi. J’ai acheté des livres pour me préparer à ces nouvelles leçons à donner. J’ai préparé mon cours pendant plus d’une heure à la maison, j’ai utilisé ma 4G, mon forfait Internet et mon électricité pour cette même prépa. Au final, je dois être autour de quoi… 12 euros net/l’heure en réel bénéfice et donc salaire. Nota Bene le statut auto-entrepreneur ne permet pas de cotiser à Pôle emploi (et mon activité n’est pas assez élevée pour le moment pour me couvrir en cas d’arrêt maladie ou d’accident). Que penses-tu de tout cela ? « Que c’est une situation que je connais personnellement car je suis aussi en parallèle formateur et auto-entrepreneur. Ce statut n’est pas incitatif même s’il développe la liberté d’entreprendre. C’est un modèle entrepreneurial qui n’est pas toujours fiable, mais c’est comme la question du salariat en France. Les politiques sont déconnectés et loin des thèmes importants comme : rémunération, bien-être au travail, considération… Les gens qui travaillent sont les nouveaux précaires. C’est à revoir ! »

Alors mon titre : « Jean-Marc Depuydt – La force tranquille ? ». Je viens effectivement de vivre une rencontre avec un homme déjà élu et de terrain pour qui la politique est une étiquette, souvent un problème d’ego dont on doit s’affranchir si on veut représenter et défendre le plus grand nombre. Une envie de défendre ceux « pour qui il travaille », un sens du devoir vraisemblablement bien plus développé que l’envie de pouvoir que l’on peut deviner à plus grande échelle. Un homme « normal » et beaucoup moins coincé que je ne l’imaginais. Des sourires, quelques blagues… puis, c’est surtout un homme qui ne me paraît pas déconnecté de la réalité dans lequel se trouve la plupart des Français. 

Si je devais résumer la personne : « Les pieds sur terre avec l’âme d’un poète. Un nostalgique aux valeurs humaines et de justice ; et surtout un désir de bien faire en mettant toujours l’intérêt collectif avant lui. Ne serait-ce pas là la définition du service public ? À vous de le découvrir : www.podensac2026.fr »