À la rencontre de ceux qui se présentent, pas de ce qu’ils représentent.

Vincent Joineau, un érudit attaché aux valeurs de la ruralité ?

Maire actuel de Rions, Vincent Joineau se présente à nouveau pour les élections municipales de mars 2026. Je le connais peu car il n’est pas sur une commune que je couvre habituellement ; toutefois j’ai farfouillé un peu sur Internet et j’ai cru comprendre via les posts et positionnements qu’il affiche sur ses réseaux sociaux, qu’il défend sans langue de bois la difficulté d’être Maire et élu dans les petites communes françaises, que c’est un épicurien et qu’il s’inquiète pour les jeunes du territoire… Alors Vincent Joineau, qui es-tu exactement ?

« On ne devient libre que par l’effort »

Vincent, pourquoi avoir choisi ce lieu ?

Il y a beaucoup de jolis lieux à Rions mais comme il fallait choisir un endroit en particulier je voulais que ce soit cette place. La place Cazaux Cazalet. C’est un lieu que j’aime, que je veux vivant. Puis, il y a la vue… elle est magnifique et donne sur un incroyable panorama…

Actualité : On vient de mettre un ancien président en prison, tu en penses quoi ?

Quand on a fauté, on doit être puni. J’ai étudié l’histoire grecque: quand un citoyen athénien était soupçonné d’agir par intérêt personnel, il était banni de la cité, sur une île pendant 10 ans… Être élu, cela suppose de faire preuve de dignité, et de considérer la noblesse de la fonction républicaine. C’est une charge à endosser mais aussi une obligation de considérer la confiance accordée par les citoyens. Certains la profanent… comme ils dégradent de nombreuses valeurs, y compris les valeurs humaines… À ce propos, je n’accepte pas qu’on n’exige pas de casier judiciaire vierge pour être sénateur ou député.

Parentalité : Il y a actuellement une tendance aux lieux et événements « no kids », qu’en penses-tu ?

C’est triste, parce que l’enfant c’est la joie, l’innocence, c’est le futur en construction et c’est sacré.

Question liberté : Que penses-tu de la citation de Charles Péguy « La liberté est la vertu du pauvre » ?

Je pense à « Heureux sont les simples d’esprit », savoir apprécier les choses simples, ne pas se surcharger de colère, de revendications… Beaucoup de personnes en zone rurale aiment la terre, leurs familles, les jours qui se répètent et se ressemblent. On ne les entend pas mais un jour, ça peut craquer comme aujourd’hui où le monde agricole est en grande difficulté parce que les agriculteurs ne vivent plus de leur travail. J’ai beaucoup de considération pour eux. Autant que pour ceux que je rencontre lors de mes voyages en Inde, au Népal… Les gens là-bas n’ont pas peur de demain. D’ailleurs, ils n’ont pas recours à de nombreux et coûteux contrats d’assurance comme nous en France… Chez eux, il y a une absence de peur et c’est une certaine forme de liberté.

Perso : Des sept péchés capitaux, lequel assumes-tu volontiers ?

La gourmandise. Je dirai même la gourmandise de vivre mais toujours en conscience.

Si tu devais quitter Rions pour vivre dans une grande ville, ce serait laquelle ?

C’est impossible ! Je ne peux pas vivre dans une grande ville. Il n’y a pas de vue sur l’horizon dans les grandes villes. J’ai besoin d’espace et surtout de voir l’horizon. C’est quasiment biologique car avoir un horizon facilite la connexion intérieure. 

C’est quoi le secret d’un mariage qui dure ? 

Je suis aujourd’hui en couple et j’aborde le mariage ou toute union durable comme une alliance solide et réfléchie, un engagement partagé qui se construit dans la durée. Un mariage c’est une alliance, ce n’est pas une fin, c’est un catalyseur du couple. Le plus fondamental dans le couple, c’est d’abord d’être en paix individuellement. 

Culture : Le premier film que tu as vu au cinéma ?

« Les 101 Dalmatiens » de Disney, avec ma mère. Je m’en souviens, j’avais six ans.

Tu es invité chez des amis à dîner, tu ramènes quelle bouteille de vin ? 

Un vin de Rions, rouge, blanc, liquoreux… peu importe mais un vin de Rions. Déjà parce que c’est un vin de la commune, il est à portée de mains, mais aussi, et je le dis en toute franchise, je trouve que ce sont les meilleurs, ils ont quelque chose en plus… je crois que je les connais tous au point de les reconnaître lors d’une dégustation les yeux fermés.

Santé : Un décret en préparation prévoit l’exonération du ticket modérateur à partir du 1er février 2026 environ 170 médicaments passeront d’une prise en charge de 100 à 15 %, y compris pour les patients atteints d’ALD : Dexeryl, Gaviscon, Valium, spasfon, bétadine…

Cette décision grignote le pouvoir d’achat des Français et les capacités de se soigner. Cela va accentuer la précarité et le sentiment d’abandon que vivent déjà beaucoup de Français. Certains ne se chauffent plus l’hiver avec les prix qui augmentent. Bientôt, ils ne pourront plus se soigner pour les mêmes raisons…

Question Chat GPT : Tu crois encore à la bienveillance en politique ?

Pour qu’il y ait de la bienveillance, il faut de la considération réciproque et accepter la différence… Il n’y en a plus quand on prend ses idées comme un principe absolu. Il faut toujours voir nos idées comme contestables et relatives… c’est ce qui permet de ne pas rentrer dans la radicalisation et donc de rester bienveillant.

Si je te dis laïcité, tu me réponds ?

La laïcité, c’est rendre possible la fraternité.

Penses-tu que l’espace public appartient vraiment à tout le monde ? Je pense aux femmes victimes de harcèlement de rue par exemple ?

La plupart du temps, les gens ne savent pas ce qu’est l’espace public et certains le prennent comme un vide à conquérir. Mais ce n’est pas cela. L’espace public, déjà… il est sous l’autorité de la commune et de l’État… pas à un ou plusieurs individus qui veulent se l’approprier et qui oublient que l’intérêt général n’est pas le cumul de tous les intérêts personnels. Sinon, on peut assister à des scènes où effectivement des hommes privatisent l’espace public et conduire beaucoup de femmes à ne pas se sentir en sécurité… Et ça, c’est inacceptable !

Tu crois aux fantômes, esprits… à la vie après la mort ? 

Je crois en l’existence humaine avant tout et je crois que cette existence humaine est un voyage… un voyage qui se poursuit après la mort oui peut-être…

La vie-L’avis d’Eugénie. J’écris sur beaucoup de sujets… et je remarque parfois sur les réseaux sociaux des réactions très virulentes en commentaires de certains de mes articles. Des commentaires haineux envers les drag-queens, les immigrés. Ces commentaires sont souvent accompagnés d’informations fausses sur les minima sociaux perçus ou véhiculent des préjugés complètement infondés. Penses-tu qu’on doive supprimer automatiquement ces commentaires ou se « fatiguer » à y répondre ?

Comme on dit, on ne fera jamais courir un tiercé à un âne. Les personnes dépourvues de courage se cachent sur les réseaux sociaux derrière des profils anonymes pour commenter la vie d’autrui et la vie politique… Elles jugent jusqu’au harcèlement. Elles ne sont ni dans le dialogue, ni dans une critique constructive. Effacer les commentaires, je ne sais pas. Chercher à « éduquer », peut-être…

J’ai découvert un homme bavard certes mais je n’ai pas vu le temps passer à ses côtés. Il aspire à une ruralité tolérante, généreuse, qui sait garder ses fondamentaux : les tracteurs, les forêts, les cafés comme autant de lieux de rencontres… Il n’aime ni l’urbanisation ni le béton. Il est transparent et érudit ; c’est un historien qui place le dialogue et l’écoute comme valeur prédominante dans ses relations et réflexions. J’ai appris qu’il a été bègue plus jeune et qu’il a compris l’importance de la lenteur, le poids de la parole… Fidèle aux valeurs de la République, il reçoit dans son bureau tous les jeunes de la commune au moment de leur recensement pour échanger avec eux. Son engagement semble être pour lui, un hymne au courage, aux plaisirs de la vie, de la pleine conscience… et de l’acceptation de la différence.